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13/04/2013
Arbres de bord de route

Par plainte du 12 novembre 2012, le GADEL avait saisi le procureur du TGI de Cahors suite à l’abattage de 36 platanes alignés en bordure de la départementale 811 à Bégoux.

 Par courrier en date du 7 mars 2013 le Parquet a fait suite à notre plainte pour destruction d’espèce protégée en prononçant un classement sans suite.

La décision du procureur se limite à nos revendications relatives à la protection des espèces protégées. Par conséquent le GADEL vient de déposer un recours complémentaire auprès du T.A de Toulouse, en invoquant le défaut de procédure d’un abattage non conforme au Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT)  et au Règlement de Voirie Départementale (RVD).

 Sans présumer de la suite de ce nouveau recours juridique nous constatons désormais la meilleure sensibilisation du Conseil Général du Lot à la problématique. En effet, l’instance départementale nous a prévenus avant un nouvel abattage de six platanes malades à proximité d’Arcambal, toujours dans le même secteur. Afin de répondre à nos sollicitations le document d’expertise justifiant de cette décision nous a été communiqué.

Il serait temps que nos députés et sénateurs s’intéressent eux aussi à la cause de notre  patrimoine historique arboré en déposant un projet de loi instaurant une protection comme il en existe dans d’autres pays.

 Le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) de Midi-Pyrénées quant à lui serait inspiré de voter un avis à l’instar de celui émis par son homologue de la région lorraine. Ce dernier demande qu’une étude d’impact permettant d’inventorier les espèces protégées hébergées dans ces milieux refuges soit menée avant tout abattage d’arbres d’un alignement, que des mesures alternatives à l’abattage soient systématiquement envisagées pour la mise en œuvre de la sécurité publique.

Cette préconisation fait suite au rapport déposé par madame Chantal Pradines auprès du Conseil de l’Europe sur l’intérêt des alignements d’arbres de bord de route pour la conservation de la Biodiversité.

En ville, où la présence du monde végétal est en général très réduite, les alignements d’arbres constituent un élément important pour la faune : gîtes et terrains de chasse pour les oiseaux et les chiroptères, refuges pour un grand nombre d’espèces, d’insectes et surtout couloirs de circulation pour se déplacer dans ce milieu minéral.

Hors de la ville leur rôle est tout aussi irremplaçable. Le grand âge atteint par ces peuplements permet la survie, voire le développement, d’un nombre important d’espèces rares et menacées, comme certains coléoptères ou bryophytes. De plus, les très nombreuses, et souvent grandes cavités de ces vieux arbres permettent à tout un cortège d’espèces cavernicoles de trouver un gite pérenne. L’effet structurant des alignements, dans un paysage aujourd’hui souvent majoritairement constitué de champs ouverts, est essentiel dans la mise en place de la  Trame Verte et Bleue. Ainsi, non seulement l’aspect paysager de ces alignements à un impact esthétique indéniable, mais aussi, leur rôle de couloir de déplacement entre les zones refuges (pelouses, friches arbustives, forêts, etc.) est primordial. L’effet tunnel apporté par les frondaisons se rejoignant au-dessus de la chaussée, permet aux oiseaux, aux chauves-souris et aux insectes volants d’éviter les collisions avec les véhicules en leur mettant à disposition un continuum végétal pour circuler.

D'origine napoléonienne, les alignements d'arbres le long des routes ont été victimes d'une véritable hécatombe suite à l'avènement de l'automobile sous le prétexte fallacieux de sécurisation routière. Cet argument est aujourd'hui relégué au monde de la légende puisqu'il est désormais démontré qu'il n'y a aucune corrélation entre l'indicateur d'accidentologie locale (IAL) et la présence de lignes d'arbres (donnée de l'Observatoire National de la Sécurité Routière). Au contraire les alignements d'arbres fournissent aux conducteurs des indications qui concernent la direction générale de la chaussée, ses inflexions, ses croisements, donc une lisibilité anticipée plus efficace que toute signalétique routière. De plus, comme l'a montré une expérience britannique qui a conduit à la recréation d'alignements, les arbres apportent une référence en matière de vitesse : ce défilement latéral conduit au ralentissement de 3 à 5 km/heure de la part du conducteur (voir Du bon usage des arbres par Francis Hallé).

 

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