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27/01/2012
LES NOUVEAUX SHADOKS (1)

Entre 2000 et 2005, les Régions Midi-Pyrénées et Aquitaine ont augmenté leurs surfaces irriguées de plus de 30 %. Cette hausse s’accompagne de prélèvements excessifs en nappes et rivières. De nombreuses réserves d’eau (2) ont été réalisées d’année en année et pourtant les 1900 retenues et barrages construits en 25 ans en Adour-Garonne n’ont pas réussi à résoudre les problèmes d’étiage de notre bassin.
Printemps 2011, nouvelle sécheresse : les organisations syndicales agricoles réclament de nouvelles réserves. A l’approche des élections présidentielles le moment est propice. Au sein du milieu agricole, les irrigants quoiqu’en très large minorité constituent une caste supérieure puissante qui défend de juteux intérêts privés (3). Cette folie shadokienne est bien relayée par la Chambre d’Agriculture sous tutelle des FDSEA et autre CDJA… Sous la pression des plus hautes instances et notamment de la Fée de l’Ecologie, les services préfectoraux, courbant l’échine, préparent le terrain par le sabotage pernicieux de la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques. Alors que cette LEMA et le bon sens imposent que les besoins agricoles s’adaptent aux capacités du milieu naturel, la construction de nouvelles réserves tend à maintenir cette logique obsolète qui consiste à penser que l’on peut adapter les capacités du milieu à la demande de l’agriculture.
La collusion des services de l’Etat avec les porteurs de projets représentés par des Associations Syndicales Autorisées (ASA) regroupées pour augmenter leur lobbying dans des unions de même type (UASA), est flagrante. Elle a favorisé ces dernières décennies la construction contre nature de nombreux réservoirs dans le Lot. C’est le cas entre autres de celui de Lascabanes que le Groupement Associatif de Défense de l’Environnement du Lot (GADEL) a contesté afin de mettre en exergue l’aspect litigieux de telles opérations. Les tribunaux administratifs ont successivement sanctionné le préfet du Lot en 2004 et début 2011 (4). Malgré ces deux condamnations annulant des arrêtés préfectoraux illégaux, le représentant de l’Etat a octroyé un permis provisoire pour la campagne 2011. Il a également invité les représentants de l’ASA du Lendou à déposer un nouveau dossier de demande d’autorisation permanente… qui sera assurément accordée. Et de nouveaux projets sont en instance sur les ruisseaux de Bouriane qui laissent présager de futurs contentieux car les représentants de l’Etat dans leur quasi-totalité reprennent à leur compte les arguments spécieux des porteurs de projets mettant en pratique l’adage Shadok : « la plus grave maladie du cerveau, c’est de réfléchir ».
Nous reparlerons prochainement de ce système cultural au service du « Maïs Roi », père des pires dangers et de tous les abus… (5).
« C’est tout pour aujourd’hui !  »


Notes :
(1)  Pour plus de renseignements : www.LesShadoks.com
(2) Les premiers stockages individuels d’eau liés à l’irrigation étaient des ouvrages  sommaires récupérant les eaux de ruissellement. Ce principe était certainement conforme à la volonté du législateur. Ces « retenues collinaires » de première génération ou « bassines » auraient eu un impact limité sur les territoires si elles n’avaient pas été multipliées à l’extrême. Le cas du département du Gers en est un exemple frappant.
Afin de développer un système productiviste toujours plus gourmand il a  fallu augmenter la capacité des réservoirs pour un usage mutualisé et une extension galopante des superficies ensemencées. Il devenait plus pratique et rentable de capter des sources ou de barrer des rivières. Sous la pression de la profession, l’Etat a autorisé la construction d’ouvrages sur les réseaux hydrographiques, souvent en tête de bassin versant, ce malgré l’impact négatif induisant la modification voire la destruction des milieux aquatiques ainsi que la raréfaction puis la disparition des espèces inféodées. Partant de là l’objectif économique est entré en conflit avec la législation environnementale, sanitaire et écologique, garante des deuxième et troisième volets du Développement Durable.
(3)  Outre l’aberration alimentaire et  économique du système rappelée dans le LEA n°46, il faut évoquer les gains substantiels liés à la spéculation sur la production de maïs grain qui occulte les profits de certaines Compagnies des Eaux, de la chimie agricole, des Grands Semenciers …
(4) Le préfet du Lot a autorisé par arrêté en date du 23 novembre 2001 la construction et l’exploitation d’un plan d’eau destiné à l’irrigation agricole sur la commune de Lascabanes (Lot).
Par jugement en date du 29 janvier 2004 cette décision a été annulée par la 3e chambre du tribunal administratif de Toulouse suite à un recours déposé par le GADEL et autres. Le  verdict était motivé par une étude d’impact insuffisante eu égard à un écosystème abritant une espèce protégée.
L’Association Syndicale Autorisée (ASA) du Lendou a déposé une nouvelle demande satisfaite par un  arrêté préfectoral du 13 juillet 2005.
Suite à un nouveau contentieux porté par le même GADEL la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux a sanctionné le représentant de l’Etat le 7 mars 2011 sous le prétexte d’incompatibilité de son arrêté avec le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE).

(5) Halte au gaspi !

 
 

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